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Editorial

Cultiver Ma Féminité

Culture Queer

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Le Journal de Michel-e transgenre ou genre fluide

Avant-Propos

Le Contenu

Á travers les pages de mon site je parle sans détour de mon ambiguïté de genre, de mon évolution personnel et de l'exploration de ma part de féminité.

Ces pages ne pas destinées à n'importe quel publique sans explications préalables.

Le site est «labélisé contenu pour adulte » ce qui lui permet d’être détecté par les systèmes de contrôle parental ou de protection des mineurs.

L'usage du trait d'union.

Le grammaire impose le choix du masculin ou du feminin pour l'accord du genre, pour évité ce choix incompatible avec ma qualité d'intergenre, j'ai adopté l'usage du trait d'union entre la forme masculine et féminine.
Parmis les choix possibles, c'est le trait d'union qui me convient le mieux.

Il était une fois...

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mon enfance

Pourquoi suis-je comme ça?

Le premier souvenir marquant qui remonte à ma petite enfance, est l'odeur délicieuse de la lingerie de ma mère quand j'ai caressé mon visage avec un de ses soutiens-gorge. C'était si doux, si bon, qu'au moment où j'écris ces mots, je revis cette délicieuse sensation au creux du ventre que j'ai ressenti alors. Régulièrement, en cachette, j’ai renouvelé cette expérience, jusqu'au jour où j'ai eu l'envie de porter un soutien-gorge et une culotte, je crois que c'est à ce moment que j'ai commencé à me caresser.

Le deuxième souvenir remonte à plus tard, un jour j'ai demandé à ma mère pourquoi elle faisait toujours des robes pour ma sœur et jamais rien pour moi ou pour mon frère. "Faire des chemises ou des pantalons, c'est beaucoup trop compliqué !" me répondit-elle. Surement avait-elle raison mais je ne demandais ni chemise ni pantalon, un bonnet, des moufles ou une écharpe auraient suffi à mon bonheur. Simplement avoir moi aussi, quelque chose fait par ma maman, comme ma petite sœur. J'ai vécu cette anecdote comme une grande injustice et j'en fus marqué-e cruellement.

Ma maman a été incapable de témoigner de la tendresse, à mon frère et moi, contrairement à ma sœur. Cette différence était en opposition à cette affirmation « je vous aime tous les trois de la même manière ». Maintenant je sais qu’on n’aime pas de la même manière les personnes qui nous entourent, mais ma sensibilité m’a fait vivre cette situation comme une injustice. Fallait-il donc mieux être une fille pour être aimé-e ? Je sais maintenant qu'inconsciemment à cette question je répondis « oui ». Tout au long de mon enfance, mon milieu familial et ma nouvelle vision des choses allaient confirmer cette impression: "C'est mieux d'être une fille qu'un garçon".
Je me suis donc structuré-e à l'aune de cette vérité et ma personnalité en a été irrémédiablement marquée.

Je vécu mon enfance dans les jupes de ma maman, ne jouant pas avec les autres garçons, je passais mes journées à lire ou à jouer souvent seul sinon avec mon frère et ma sœur.
Je me souviens qu’un jour une émission télévisée montrait un cours d’art martial pour enfant et ma maman demanda si cela pouvait m’intéresser. Je fondis aussi tôt en larmes, rien qu’à l’idée d’apprendre à me battre !

Ma puberté fut tardive: je me souviendrais toujours du médecin en train d'écarter l'élastique de mon caleçon et dire à ma mère que si dans un an rien ne bougeait il me donnerait un traitement hormonal.
Heureusement les choses 'rentrèrent dans l'ordre' d'elles-mêmes. Mais cet épisode n'a pas renforcé mon image de garçon, bien du contraire!

Je me suis toujours senti-e en porte-à-faux avec mes camarades de classe, et pour la drague c’etait pire. Comment trouver un peu d’assurance face à une fille quand on n’est même pas sûr d’être un garçon ?
Car les filles aiment les garçons, mais moi en suis vraiment un ?
Ce doute à nourrit ma timidité toute mon enfance et une partie de mon adolescence. Je trouvais grâce aux yeux de filles elles-mêmes blessées ou fragilisées dans leur personnalité, ce qui permis de me forger un peu d’assurance.

Au milieu de mon adolescence, à ma demande, je devins scout. Le scoutisme me permis de me socialiser et de m’intégrer dans un groupe de garçon, c’est là que j’ai adopté, non sans plaisir, mon rôle de garçon et de jeune homme par la suite. Je dois au mouvement scout la réussite de ma vie sociale car j’y ai appris la confiance en mes capacités et à vaincre ma timidité.

Chez ma psy

Puis-je changer ?

Plus tard, quand j’ai dû expliquer à mon épouse pourquoi je possédais de la lingerie et des habits féminins j'ai fait une thérapie pour comprendre cette irrépressible et profonde attirance pour le monde des femmes.

Au fil des séances, il est apparu que les femmes (ma mère, mes tantes et ma grand-mère du côté maternel) considéraient les hommes comme un mal (mâle) nécessaire, d'ailleurs elles ne faisaient pas l'amour, elles passaient à la casserole ! Sans exception, elles ont toutes divorcés du père de leurs enfants pour se remarier et ce séparer à nouveau pour finalement vivre seules. Pour elles, la famille se composait des femmes et leurs enfants, les maris étant au second plan. Mon beau-père était très amoureux de ma mère, ses sentiments pour elle étaient reconnu par toute la famille.

Mon travestisme était le résultat de la combinaison du système familial, de mon vécu individuel et de ma personalité de départ, ce n’était donc pas une perversion comme je le vivais mais bien le parcourt de vie d'un petit garçon qui à fait ce qu'il a pu pour trouver son équilibre.

Ma thérapeute essaya bien de me mettre en lien total avec ma masculinité, mais malgré le plaisir de jouer le "chevalier servant" auprès de ma femme, je ne su pas évoluer dans cette voie. Le plaisir ressenti lors de ma prise de conscience de ma masculinité, me fit comprendre que ce n'était pas un rôle, comme je le pensais mais bien une partie intégrante de ce que je suis. Je ne remercierais jamais assez ma psychologue de m’avoir permis de retrouvé ma dignité intérieur, et de pouvoir expliqué clairement qui j’étais à mon épouse.

En roue libre

Si je pouvais choisir, voudrais-je être une fille ou un garçon ?

Les années passent, j’entre dans une longue période de chômage, ce fut une période noire, mais parallèlement j’ai utilisé mon temps libre pour explorer mon besoin de vivre avec plus de féminité.

Dans un premier temps je cherche à parfaire mon travestisme, j’appris à me maquiller et m’habiller, je suis sorti-e en plein jour en femme, ce fut des moments intenses remplis de craintes et de plaisirs.
Si me travestir me permettait d’exprimer la femme en moi, je n’étais pas entièrement satisfait-e, c’était trop ou pas assez. Je compris alors que me travestir était une soupape de sécurité, mais aussi que je ne jouais qu’un rôle superficiel. Je me trouvais ridicule car complètement à côté de mes pompes. Après cette prise de conscience, je ne me suis plus jamais travesti-e.
Mais qu’étais-je donc ? C’est quoi être une femme ? Ca fait quoi de l’intérieur ?

Á cette dernière question j’ai essayé de répondre en pratiquant des perfusions au niveau des seins, ce fut une révélation !
Pour la première fois j’avais des seins, temporairement bien sûr, mais je replissais un soutien-gorge avec mon corps, pas avec des prothèses. C’était mes courbes que bombaient la dentelle, la peau de mes seins qui touchait le fond des bonnets du soutien.
C’est là que je sentis que ma féminité pouvait avoir existence mentale mais aussi une existence physique. Avec mes seins je prenais conscience d’un nouveau regarde sur moi, je ne voulais plus être comme une femme et je ne voulais plus être une femme. JE SUIS une femme, du moins en partie !

Suis-je intergenre, transgenre, transsexuelle ?
Je décidais donc de m’hormoner pour me féminiser de l'interieur.
La chance me sourit, car une personne que je ne remercierais jamais assez, sensible à ma démarche, me propose de me prescrire des ordonnances d’œstrogel. Au fil des semaines et des mois de nouvelles sensations apparaissent. Savoir que des hormones féminines circulent dans mon corps et le modifient, me donne une assise physique : je ressemble à ce que je suis. Mais un angoisse nait au fond de moi, comment justifier cette poitrine naissante, suis-je vraiment transgenre ? Là encore le doute me saisit. Pourtant ma part de féminité est une certitude tout comme ma masculinité. J’avais tout sous les yeux pour comprendre, mais...

Le fuidité de genre

Homme, femme, faut-il choisir ?

En recherche de renseignement sur le transgenrisme, je trouve le site de l’association « Genres Pluriels » à Bruxelles : www.genrespluriels.be, et je prends rendez-vous avec un certain Max.

En franchissant la porte de la maison arc-en-ciel, mon cœur bat fort et vite : que vais-je découvrir?
Max me reçoit avec un large sourire, accueillant et bienveillant, il m’invite à monter à l’étage et à prendre place dans un fauteuil. J’expose brièvement mon parcours et mon désarroi. Il m’explique qu’un être humain ne se définit pas uniquement par le sexe physique mais aussi par le genre. Par exemple un être de sexe masculin peut être de genre féminin, cette personne n’acceptera pas son corps et désirera changer de sexe. Il m’explique aussi qu’il n’y a pas de frontière entre le masculin et le féminin, mais qu’il existe un continuum entre ces deux extrémités aussi bien sur le plan physique que du genre. Il me fait part aussi de l’aspect sociologique et historique, mais j’écoute à peine car ma pensée tourne à plein régime !
Cette façon d’appréhender les choses, me bouleverse, car elle me débarrasse de la vision binaire et exclusive homme/femme. Je comprends que vivre en homme ou me travestir m’obligeait à renoncer à l’autre partie de moi, d’où mes frustrations. Mais avec cette nouvelle vision je peux me vivre autrement. Je peux être un homme et ressentir ma part de féminité sans conflit. Mon traitement va dans ce sens, je prends de l’œstrogène mais je ne renonce pas à ma testostérone, mon corps est en adéquation avec mon ambiguïté de genre. Des sensations féminines se mélangent aux sensations masculines. Pour la première fois dans ma vie une perspective d’unité intérieure s’offre à moi. Mon désarroi me quitte peu à peu.
Suis-je homme ? Oui, mais pas tout à fait !
Suis-je une femme ? Sans aucun doute un peu !
Je ne dois plus faire un choix exclusif, incompatible avec ce que je vis, car ma féminité n’exclut en rien l’homme que je suis et vis-versa.
Intergenre, mon genre est entre le masculin et la féminité, il m’a fallu rencontrer Max, pour que je puisse me définir, enfin!

Et maintenant?

Et maintenant, pouvoir vivre mon ambivalence de genre dans ma vie couple serait fantastique. Mais mon épouse tolère seulement cette féminité partielle, cette partie de moi reste entre nous un tabou, par pudeur peut-être, par peur de nous perdre l'un l'autre sûrement.

Mon épouse a dû subir un traitement médical lourd avec en conséquence que les pénétrations sont devenues difficiles, voire impossibles.
Mon ambivalence pourrait être une ouverture dans notre vie sexuelle, car la pénétration n’a jamais été pour moi très épanouissante, contrairement aux caresses. Et je me suis reconnu-e dans le livre "L'homme lesbien" de Jean Markale.
Pourquoi ne pas laisser ma partie féminine s'exprimer ? Je pourrais devenir un-e partenaire plus sensuel-e, liberé-e de la "performance" masculine de la pénétration.

Aurais-je le courage de lui faire cette proposition ?
Acceptera t-elle ce changement ?
et pourrons-nous inventer une nouvelle sexualité ?

Voilà un nouveau défi, le réussir est une belle promesse de bonheur. C'est à moi de jouer, ou pas !

RTA